M. Jean Didier Berger aurait-il tout faux ?

Alors que, selon les chiffres présentés officiellement en Comité Local pour la Sécurité et la Prévention de la Délinquance (CLSPD) fin janvier, la délinquance diminue significativement à Clamart ( baisse de 46% des dégradations sur la voie publique, baisse de 35 % des vols avec violence), les violences conjugales, elles, ont augmenté de 70%.
C’est le moment que choisit le maire pour investir massivement dans un dispositif extensif de vidéosurveillance de Clamart, ceci après la décision du Conseil général des Hauts-de-Seine d’arrêter son financement de l’association Parenthèses.

C’est ce que l’on appelle être en prise avec le terrain ! Lorsqu’on sait qu’une femme meurt tous les jours et demi sous les coups de son conjoint, les femmes apprécieront !
En 2013, 121 femmes sont décédées à la suite de violences conjugales, contre 25 hommes, la majorité étant eux-mêmes auteurs de violences conjugales.

ViolencesFemmesLe budget de la mairie de Clamart utilisé pour la mise en place de ce nouveau programme de vidéosurveillance, disproportionné, d’un rapport coût/efficacité déplorable et dont l’adéquation avec les vrais problèmes est quasi-nulle s’élève à plus de 2 millions d’euros !
Le maire aurait été bien mieux inspiré d’allouer en priorité des moyens aux programmes de lutte contre les violences conjugales, les seules qui augmentent.

Accompagnement psychologique des victimes, soutien aux démarches juridiques, mise à disposition d’un logement pour protéger les femmes victimes de violences. Un droit sans moyens de le vivre n’est pas un droit. Croit-on vraiment que les femmes porteront plainte contre les violences conjugales qu’elles subissent si elles ne sont pas protégées de leur agresseur ?

La sécurité des femmes n’est décidément pas le problème de M. Berger, ni de l’UMP en général, majoritaire au conseil général des Hauts-de-Seine. D’ailleurs, on peut même dire que M.Berger ne se préoccupe pas vraiment de la sécurité tout court, puisqu’il s’obstine à allouer l’essentiel des moyens aux dispositifs les plus visibles, dont il pense probablement qu’ils rassureront ses électeurs, au détriment de l’efficacité au service de tous et notamment des plus faibles.

Marielle

* L’association La Parenthèse a été créée en 1992, avec le soutien financier du conseil général des Hauts-de-Seine, pour répondre à la demande croissante de places d’hébergement pour des familles très démunies du département, très souvent des familles de femmes seules avec enfants.

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Une réponse à M. Jean Didier Berger aurait-il tout faux ?

  1. Nathalie Levray dit :

    La première bataille à mener et à gagner contre les violences conjugales est celle de l’égalité entre les hommes et les femmes.
    Une précision sur les difficultés des femmes victimes de violences conjugales et le logement :
    – depuis 2004 en cas de violences, le conjoint marié peut être évincé du domicile familial par le juge aux affaires familiales, au moyen d’un référé-violences.
    – depuis 2006 le conjoint, concubin ou « ex », auteur de violences, peut être évincé du domicile familial par le juge. Il faut déposer plainte, et le conjoint violent peut être obligé de résider hors du domicile conjugal.
    Enfin, une victime de violences au sein du couple, mise en danger, peut demander au juge aux affaires familiales de délivrer en urgence une ordonnance de protection qui met en place des mesures pour éloigner le conjoint violent.
    Et du coup, ce n’est plus à la femme de trouver à se loger….

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