Jean-Didier Berger : le sexisme ordinaire

Dans sa tribune du dernier Clamart-Infos (N° 145, janvier 2016), le groupe de la majorité municipale revient sur la victoire de Valérie Pécresse aux élections régionales. On y trouve une phrase qui nous a fait réagir :

« Nous nous réjouissons aussi que la victoire de Valérie Pécresse empêche l’élection de la femme de l’ancien maire qui se cachait une nouvelle fois sur les listes du PS sous son nom de jeune fille. »

Voilà des propos étonnamment ringards et sexistes ! Que la majorité se réjouisse que Delphine Krust ne soit pas élue est une chose ; qu’il soit rappelé qu’une des candidates était la femme de l’ancien maire aussi. Mais écrire qu’elle « se cachait […] sous son nom de jeune fille » témoigne d’une vision très particulière de la place des femmes dans notre société ! En effet, aucune femme ne « se cache sous son nom de jeune fille » puisque ce nom, le patronyme, est le seul nom légal. Comme le dit le site « service-public.fr » sur le sujet : « Dans tous les cas, la personne gardera son nom de famille, celui indiqué sur son acte de naissance. Il restera son nom de famille officiel et sera toujours inscrit sur ses papiers. Le nom du conjoint ou le double ne sera qu’un nom d’usage ».

Il est vrai que les femmes qui tiennent à leur identité légale sont souvent confrontées à tous les réactionnaires (hommes ou femmes, du reste) qui veulent parfois leur donner d’office le nom de leur mari, alors que cette pratique, n’en déplaise à Jean-Didier Berger, est interdite par la loi : « l’utilisation pour une femme mariée du nom de son mari, comme nom d’usage, ne peut être que le résultat d’un choix volontaire et individuel et non la décision d’une autorité ».

De plus, l’expression « nom de jeune fille », employée par Jean-Didier Berger, est elle-même extrêmement choquante. Elle veut dire que tant qu’elle n’est pas mariée, une femme n’est pas vraiment une femme. Enfin, accuser Delphine Krust de « se cacher » est de parfaite mauvaise foi, puisqu’elle ne se présente jamais autrement. Beaucoup de femmes en font autant, de tous bords politiques, et cela ne nous pose, à nous, aucun problème.

Puisque cet incident, très significatif à nos yeux, nous en donne l’opportunité, rappelons que nous attendons avec impatience de connaitre le sort qui sera réservé aux femmes lorsque les vice-président-e-s du nouveau Conseil Territorial « Vallée Sud-Grand Paris » seront désignés. Espérons que Jean-Didier Berger, le nouveau président* de cette assemblée paritaire (de par la loi), fera mieux que ses camarades LR du Territoire « Paris Ouest La Défense » qui ont réussi à ne nommer que 2 femmes sur les 11 président et vice-présidents du Conseil Territorial.

*Maire, Vice-Président du CD92 et maintenant Président d’un Conseil Territorial : à LR le cumul est un art de vivre…

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