Prime de présence : toujours plus de pression !

Travailler avec un arrêt maladie, un paradoxe ? Certains salariés n’hésitent pas à venir travailler, que ce soit de leur propre gré ou par pression de leur employeur, alors même qu’ils sont en arrêt maladie.

C’est un choix à court terme qui peut avoir des conséquences désastreuses pour les salariés. On appelle cela le « surprésentéisme ». La France est première en la matière : 55% des Français vont travailler au moins une fois dans l’année alors qu’ils sont malades. Peur des représailles ou des commérages, culpabilité, perte de salaire… ? En 2018, « 24% d’entre eux estiment que leur attitude a rallongé la durée de l’arrêt maladie » (étude Malakoff Médéric). Ne pas s’arrêter 2 ou 3 jours, c’est prendre le risque de s’arrêter 4 ou 5 jours de plus en cas d’aggravation. Les « salariés oisifs ou fainéants », sont une exception dans le monde du travail, précise l’Institut Sapiens.

La santé, ça s’achète. Mais combien ?

Notre Maire n’en a jamais douté. Que les sceptiques s’en aillent car c’est mathématique, démontré et prouvé : le nombre d’agents municipaux qui ne se sont jamais arrêté pour maladie est passé à Clamart de 33% à 25% après la mise en place de la « prime de présence ». Ce n’est pas encore le remède miracle mais cela y ressemble. Les vaccins, les antibiotiques et autres Dolipranes n’ont qu’à migrer sur l’étal des remèdes de grands-mères au rang des cataplasmes, des décoctions et des onguents mercuriels. La nouvelle médication clamartoise tient du miracle et menace la pérennité du corps médical tout entier. Une nouvelle science vient de naître, celle qui convainc un agent malade dont la chaleur corporelle frise les 39°C mais qui ne convulse pas encore, de ne pas se mettre en arrêt maladie moyennant une récompense annuelle de « 400 € net ».

Mais cette mesure n’aurait pas qu’une efficacité prophylactique, elle serait également profondément démocratique ! Pensez-donc : 74% des agents municipaux sont « POUR » bénéficier d’une rallonge de salaire ! Pas vous ? Que les sceptiques ronchons et grincheux ouvrent enfin leurs prunelles, car la logique est imparable. D’un côté se soigner mais en se privant de quoi compenser la maigreur des grilles indiciaires, de l’autre, prendre un risque sur sa santé et peut-être, au pays des embrassades faciles, en contaminer d’autres, mais en touchant 400 € net !

Quel aveugle oserait encore s’y opposer ? 

Aucun arrêt maladie dans l’année, voilà LA solution pour augmenter le pouvoir d’achat des salariés !

Bien entendu, la majorité municipale n’est pas prolixe en matière de bilan et pour cause : le raisonnement consistant à juger de la qualité d’une démarche au nombre des agents qui acceptent une rallonge de 400 € est un peu faible…

Quant à nous éclairer sur sa méthode de détection des « oisifs et des fainéants », quant à nous assurer que cette autolimitation n’a aucune conséquence néfaste en matière de santé individuelle et collective et plus généralement, nous transmettre les indicateurs « RPS* » mis en place pour les agents municipaux afin de connaître les raisons de cet intolérable absentéisme… sur ces points-là, le bon docteur Berger n’est pas très bavard.

Notons bien entendu qu’en termes de santé publique, inciter des salariés à aller travailler en étant malade quitte à contaminer tout un service, voire les administrés de passage, constitue pour le moins un manque de civisme ; un manque de civisme encouragé par un maire, ce qui est un comble !


* Risque Psycho-Sociaux

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