Nous avons eu bien du mal à obtenir ce conseil municipal…

Compte rendu de la dernière séance du conseil municipal, qui a eu lieu le 29 avril.

Un conseil municipal bien tardif à l’initiative de la seule opposition

Malgré la situation d’urgence, depuis le début février, le maire a choisi de ne pas informer l’opposition. Selon ses dires, cette opposition pouvait simplement s’informer par le site web de la mairie. S’informer peut-être, mais partiellement et sans pouvoir émettre quelque proposition ou avis que ce soit sur les choix effectués. Une démocratie à la petite semaine. Le 14 avril, nous avons écrit au maire. Nous n’avons pas eu de réponse.

Le 22 avril, nous nous sommes saisis des ordonnances des 1er et 8 avril sur la « continuité du fonctionnement des institutions locales dans cette période de confinement » pour exiger ce conseil municipal, sur la base d’un ordre du jour que nous avons rédigé avec l’ensemble de l’opposition. Cette action vient à nouveau confirmer le souhait de Clamart Citoyenne de ne pas être tenue à l’écart des affaires de la commune.

Des moyens technologiques hors de portée de la mairie

Le maire n’avait alors plus le choix. Mais encore fallait-il que ce dernier organise la prochaine séance du conseil municipal avec toutes les précautions rendues nécessaires par la situation sanitaire. La proposition par le maire de réunir un conseil en présentiel réduit – avec un tiers des membres de l’opposition – nous paraissant inadaptée à la situation, nous avons demandé des explications.

Étonnamment peu à la pointe du progrès, cette municipalité se déclarait incapable d’organiser un conseil municipal en visioconférence avec la participation de l’ensemble des élus. Pourtant, depuis des mois dans toute la France, de tels moyens sont quotidiennement mis à disposition de toutes les entreprises et mairies… Le 27 nous avons enfin arrêté, avec la municipalité, les modalités d’un conseil municipal dégradé. Il aurait donc lieu le 29 avril, selon un dispositif mixte présentiel / vidéo.

Une préparation laborieuse faite dans l’urgence

Ce n’est qu’à la veille du conseil municipal que nous avons reçu les documents préparatoires.

Première surprise : il n’était pas fait mention du fait qu’il avait été demandé par l’opposition. Au cours de la séance, le maire ne mentionnera pas davantage l’insistance dont l’opposition avait dû faire preuve pour obtenir la faveur d’une telle réunion.

Deuxième surprise : la lettre du 14 avril adressée par l’opposition et demandant la tenue d’un conseil municipal était accompagnée d’une liste d’une trentaine de questions précises. Or, aucune ne figurait dans l’ordre du jour transmis par la mairie… Notre document n’était même pas en annexe. En lieu et place, un très vague intitulé : « Situation et actions de la Ville de Clamart dans le cadre de la crise sanitaire liée au Covid-19 ».

Le conseil municipal commence

Nous nous apercevons alors que les seuls conseillers municipaux qui sont en visioconférence sont ceux d’opposition. Nous y sommes du reste tous, à l’exception de Pierre Ramognino, qui était, lui, en présentiel, ainsi qu’une dizaine de conseillers municipaux de la majorité. À noter que le maire, qui était présent dans la Salle des Fêtes, était également relié par la vidéo aux conseillers municipaux d’opposition.

Voilà un format qui illustre jusqu’à la caricature le sens que le maire donne aux conseils municipaux : le minimum de conseillers de la majorité sur place pour avoir le quorum, et comme la suite le montrera, des conseillers de la majorité qui n’interviennent (comme dans tous les conseils municipaux depuis le début de la mandature) que pour lire un papier rédigé d’avance, mais jamais pour répondre aux questions, le maire se réservant le droit d’être le seul interlocuteur de l’opposition. Nous regrettons décidément que le conseil municipal continue, quelles que soient les circonstances, de n’être qu’une chambre d’enregistrement des décisions du maire.

Avant toute procédure précisant l’ordre du jour, l’appel des présents et l’ordonnancement du caractère particulier d’une telle réunion (ce qui aurait lancé officiellement ce conseil municipal), le maire déroule son discours sur toute son action depuis le début du confinement.

Ce n’est qu’après un long monologue, accompagné d’une courte intervention de la première adjointe, qu’il finit enfin par s’apercevoir qu’il est dans une assemblée officielle, avec des règles, et procède à la lecture de ce qui est indispensable, c’est-à-dire l’ordre du jour, et notamment l’appel nominal des élus. Avait-il peur que les internautes, qui suivaient les débats sur Facebook, ne décrochent avec cet appel, peu passionnant il est vrai ?

A noter que, en plus de n’être pas présenté correctement, cet ordre du jour était erroné, puisque, contrairement à ses affirmations, au point n° 3 il s’agit de l’article 2121-12 et non du 2121-11… depuis que Clamart a dépassé les 3 500 habitants. Passons.

Pas de réponses aux questions transmises préalablement par l’opposition, et une retransmission vidéo avec pour seule et unique image : celle du maire

Pendant plus d’une heure, le maire et ses élus ont lu la longue liste de ce qui avait été fait. A aucun moment, ils n’ont daigné répondre aux questions de ceux qui avaient initié cette réunion. La trentaine de questions transmises par l’opposition quelques jours avant sont restées sans réponse.

Puis est enfin venu le temps des interventions de l’opposition. Malheureusement, la retransmission publique, d’une qualité déjà très médiocre, s’est progressivement dégradée et fut même interrompue au bout d’une heure, après l’intervention du maire, avant de reprendre dans des conditions tout à fait exécrables et assorties de coupures à répétition. De sorte que nous n’avons pas toujours bien entendu les interventions des élus (sauf celles du maire lui-même). A noter qu’à aucun moment les Clamartois n’auront l’occasion de voir les conseillers d’opposition. Fidèle à ses habitudes, le maire tient manifestement à invisibiliser ses opposants (cf. le format de notre tribune dans le Clamart-Infos, les panneaux d’affichage officiel de la ville voire les panneaux d’affichage libre…).

Interventions et questions de l’opposition

Lors de son intervention, l’opposition a rappelé au maire qu’aucune situation de crise ne pouvait justifier que les élus de l’opposition ne soient pas associés pour participer et être informés régulièrement de la situation clamartoise. Le maire a répondu que la loi exigeait une réunion par trimestre, ce qu’il respectait, et que l’opposition n’avait qu’à – comme tout citoyen – s’enquérir de cette information sur le site de la mairie.

L’opposition s’est tout d’abord étonnée de ce qu’au cours de son long monologue, le maire n’ait pas dit un seul mot sur le bilan sanitaire de Clamart : le nombre d’habitants hospitalisés, en réanimation ou décédés, que ce soit en hôpital ou dans les EHPAD. Le maire a préféré ironiser sur le fait que l’opposition était restée l’arme au pied.

L’opposition s’est enquise de la situation du personnel communal. Il nous a semblé en effet utile de connaitre précisément l’état des lieux en matière de protection, de taux de chômage partiel ou de taux de présentiel de ce personnel. En réponse à nos questions, le maire été peu prolixe et a omis d’évoquer précisément les conditions de travail des agents communaux en période de confinement. Plus précisément :

  • Sur quel type de poste en particulier étaient les salariés concernés par le travail partiel ?
  • Y a-t-il eu un  impact sur les rémunérations ?
  • Y a-t-il eu d’éventuels refus de déplacement physique de quelques salariés à leurs postes de travail » (« droit de retrait » ou « droit d’alerte ») ?  Y a-t-il eu des sanctions ?
  • Les IRP (institutions représentatives du personnel) ont-elles été consultées, quand et sur quoi ?
  • Des accords sur les congés payés, les congés RTT ou encore sur le temps de travail ont-ils été conclus en rapport avec les ordonnances Macron sur le confinement du 23 mars ou du 1er avril ? Si oui, quand ont-ils été conclus ?
  • Qu’est-ce qui est prévu pour compenser la perte d’ancienneté qui joue sur la retraite ou les indemnités de rupture ou de départ (c’est le cas en chômage partiel…) ?

L’opposition a demandé au maire des précisions sur le comité scientifique mis en place à Clamart et son lien avec le comité scientifique national mis en place par le gouvernement. Le maire a là encore esquivé la question, n’invoquant que le caractère local de cette nouvelle structure…

Nous ne retranscrivons pas ici le détail des questions posées. De toute façon, le maire s’arrange toujours pour ne pas répondre quand la question l’embarrasse. Nous en avons maintenant l’habitude.

Quelques échanges particulièrement significatifs

Alors que Philippe Kaltenbach lui demandait si du matériel informatique avait été mis à la disposition des élèves n’en ayant pas, pendant toute cette période de confinement, le maire a dit qu’il avait déjà répondu, puisqu’il avait déclaré que les besoins informatiques allaient être recensés par l’Education nationale et la mairie. Certes. Mais ce qui va être fait n’a pas encore été fait…

Le maire sait aussi manier l’imprécision. Il aura beaucoup été question de masques, pendant toute cette séance. Tous les conseillers municipaux de la majorité y sont allés de leurs remerciements envers « Madame Pécresse, présidente de la Région Île-de-France », qui en a fourni autant. Mais rien n’a été dit sur leur nature. Des quantités sont avancées, mais sans que l’on sache de quelle catégorie il s’agit (ou alors, il est dit qu’il y a plusieurs qualités, mais sans le détail) ; mais comment en évaluer la pertinence par rapport à la population et aux besoins ? Le maire est-il à l’écoute des besoins ? S’en est-il enquis et sous quelle forme ? Quand ?

Cela dit, nous ne sommes pas loin de penser que Madame Pécresse fait des miracles. Voilà en effet, tout à coup, notre maire, qui ne nous avait pas habitués à cela, favorable au RER Vélo !

Deux réflexions tout à fait inappropriées du maire

Tout d’abord, il a reproché à l’un des conseillers municipaux de Clamart Citoyenne, au vu de la lumière qu’il voyait dans la vidéo, de ne pas être à Clamart, où il y avait alors une averse. Outre que nous étions bel et bien à Clamart (et quand bien même, qu’est-ce que cela aurait changé ?), cette remarque était extrêmement déplacée. Que peut bien savoir le maire de nos raisons (familiales, professionnelles, médicales) d’être à Clamart ou d’être ailleurs ?

Dans un autre registre, alors que nous regrettions de n’avoir eu aucune information de sa part depuis le conseil municipal précédent, qui avait eu lieu le 7 février, le maire nous a reproché de ne pas avoir proposé notre aide pour les actions de la municipalité. Mais que sait-il de ce que nous faisons, les uns et les autres ? Que le maire se rassure, nous avons mené des actions, très concrètes, qui ont permis de venir en aide aux soignants et aux hôpitaux, et d’aider un certain nombre de Clamartois en extrême difficulté du fait de ce confinement. Il est vrai que ce sont des gens le plus souvent inconnus des services sociaux, et que nous n’avons pas cherché à tirer profit de nos actions en le faisant savoir. Les prises de selfies et autres vidéos d’autopromotion ne nous paraissent en effet pas compatibles avec la pudeur et l’humilité naturelles dans ce type de contexte.

Ces deux remarques du maire vont hélas dans le même sens : il pense tout contrôler, tout savoir, et tout ce qui lui échappe n’existe pas pour lui. C’est très inquiétant.

Un maire toujours en campagne

Le maire a aussi eu une remarque, que nous avons plaisir à relever, à propos des résultats du premier tour des élections municipales. D’après lui, nous préférerions l’oublier, tant il nous aurait été défavorable.

Allons, Monsieur le maire, un peu de modestie…

En 2014, nous faisions 11 %, et lui 53,8 %. En 2020, nous avons plus que largement doublé notre score (24,9 %), tandis que lui perd presque 8 points (45,9 %) alors que la plupart des maires en place (86 % !) sont réélus au premier tour avec des scores flatteurs (la fameuse prime au maire sortant) : un échec cuisant auquel il ne s’attendait manifestement pas…

Sur les EHPAD de Clamart

En toute fin de conseil municipal, Gérard Aubineau nous faisait savoir qu’il avait envoyé une question à propos de la maison de retraite Bel-Air, du groupe Korian, éclaboussée par plusieurs scandales récemment. Le maire, tout en disant qu’il ne pouvait pas répondre à la question, qui n’était pas d’intérêt communal, a finalement répondu, probablement emporté par l’autosatisfaction dont il faisait déjà preuve depuis deux heures. Sa réponse a été stupéfiante.

Il a relaté une visite sur place, avant l’épidémie, et l’excellente impression qu’il en avait retirée, allant jusqu’à dire que « les pensionnaires allaient mieux qu’avant » (en faisant allusion à une visite qu’il avait faite au début de son mandat). Nous ne lui connaissions pas ces compétences médicales.

Puis, il a accusé la fille de celle qui est récemment décédée dans cette maison de retraite, dans des conditions qui posent question, d’avoir utilisé cette mort, en faisant intervenir des amis journalistes. Voilà une femme effondrée par la mort de sa mère, choquée d’une éventuelle maltraitance (ou d’un manque de bientraitance, ce qui revient au même), qui utilise tous les moyens dont elle dispose pour que cela ne se reproduise plus… Pour le maire de Clamart, c’est forcément de l’opportunisme ou de l’intérêt personnel.

Pas plus qu’il n’est médecin, nous ne sommes psychologues. Nous nous garderons bien d’en tirer de trop hâtives conclusions. De la part d’un maire en exercice, prendre de telles positions en faveur d’une entreprise visée par plusieurs plaintes, c’est pour le moins faire preuve d’un manque de réserve… pour ne pas dire de discernement.

L’obstruction systématique

Comme nous le faisons invariablement, nous avons enregistré ce conseil municipal. Mais nous n’avions pas prévu que la retransmission sur Facebook (première heure, deuxième heure) serait aussi mauvaise.

Elle est donc inexploitable. Nous avons par la suite demandé à la municipalité, qui dispose de l’enregistrement audio réalisé directement d’après les micros, qu’elle nous transmettre cet enregistrement. Elle a refusé.

Nous pourrons compléter ce compte rendu quand nous en aurons l’enregistrement, ou bien le procès-verbal. Mais nous ne savons pas quand ce sera…

Ce contenu a été publié dans Uncategorized, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

5 réponses à Nous avons eu bien du mal à obtenir ce conseil municipal…

  1. Lafosse dit :

    Pour reprendre l’esprit d’une phrase qui a circulé sur les réseaux sociaux ces dernières semaines:
    Non seulement, il manque de masques mais, de plus, il masque les manques en occupant l’espace avec beaucoup de mots creux mais pleins de morgue.

  2. bruyninckx dit :

    Bonsoir,

    Pourquoi ne vous etes vous pas déplacés pour voir de façon effective la situation de la maison de retraite Korian ? Avez – vous initié une action pour ce type dans les autres maisons de retraite de Clamart ?

    Pourquoi n’avez -vous pas recommandé en Mars 2020 et demandé l’achat de masques avec distribution gratuite dans toutes les boites aux lettres ?

    A situation difficile, il faut garder un certain bon sens et une certaine humilité !

    • CCadminWP dit :

      Un déplacement dans la maison de retraite Korian, ou dans toute autre maison de retraite de Clamart, eût été contraire aux règles du confinement, et une mise en danger des résidents. Cela nous aurait été de toute façon refusé.
      D’autre part, nous ne sommes, pas plus que le maire, habilités à juger de l’état de santé des pensionnaires.
      En mars 2020, il était impossible de se procurer des masques pour cause de réquisition gouvernementale. Recommander leur achat par la mairie aurait été inutile et déplacé. Nous avons préféré faire preuve de bon sens et d’humilité.
      Bien entendu, si nous avions été associés aux décisions de la municipalité, nous aurions pu suggérer d’autres modes de distribution, comme cela a été fait dans les communes voisines. Mais notre compte rendu indique bien que le maire a tout décidé tout seul.

      Bien cordialement,
      L’équipe de Clamart Citoyenne

  3. Bernard Costecalde dit :

    Toujours la même absence de démocratie à Clamart ! Le maire est vraiment convaincu d’avoir, seul, la science infuse. Il ne doit pas avoir assimilé que seul il va plus vite mais qu’ensemble , on irait plus loin (et même beaucoup plus loin). Les opposants auront-ils la sagesse de construire une liste commune sur un certain nombre d’objectifs précis ? C’est malheureusement loin d’être sûr. Pourtant ce serait la seule manière de faire faire à Clamart des progrès conséquents dans beaucoup de domaines, la démocratie en particulier mais pas seulement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *