Un lycée, des revendications… et un communiqué aux accents d’état d’urgence : qui instrumentalise qui ?
À la lecture du communiqué de la mairie de Clamart du 1er octobre, on aurait pu croire à un appel à la mobilisation générale en temps de guerre : blocage, violence, ne pas sortir, discipline, pas le droit de, obligation de. Comble de l’absurde, le maire – tout sourire, malgré la gravité de la situation – distribuait le lendemain des repas gratuits aux jeunes pour qu’ils « se réfugient » dans le lycée transformé en bunker.
En réponse aux revendications légitimes des lycéens (moins de classes surchargées, suppression de Parcoursup, personnel enseignant en nombre suffisant), un déploiement des forces de l’ordre disproportionné : 6 voitures de police et 10 fourgons de CRS, des dizaines de policiers déployés avec casques, armes et lanceurs (voir notre vidéo).
Dans sa vidéo, le maire signale des incidents liés à « une petite minorité » qui « ne serait même pas du lycée ». Effectivement, Il y a aura des incidents le jeudi midi aux alentours de Panorama. Rien de surprenant. Lorsque la police arrive en force quelque part, une « petite minorité » peut chercher à en découdre. Depuis la multiplication des contrôles au faciès et des « bavures », et la disparition des policiers îlotiers, une rupture est consommée entre une partie de la population et la police. Le vendredi, tous les véhicules de police quittent brusquement les lieux vers 10h45, et il n’y aura plus aucun incident.
Mais si le maire est prompt à souligner les « incidents », aucune ligne, aucun mot sur ce que réclament légitimement les lycéens. Il ira même jusqu’à accuser des élus de l’opposition de récupérer le mouvement et d’attiser la violence. Pourtant, soutenir le droit des jeunes à exprimer leurs revendications n’équivaut pas à encourager la violence. Les élus sont dans leur rôle le plus élémentaire.
Toute cette communication du maire n’a qu’un objectif : instrumentaliser la sécurité pour faire peur. Et servir les visées électorales de son camp : une jeunesse sage, soumise, dans le rang, sans revendications ni colère.
N’ayons pas peur ! Défendons notre démocratie et participons massivement à la manifestation du 6 octobre en soutien à notre jeunesse.

