Petits fours entre amis (des promoteurs…)

Comme le communiqué de presse du 30 juin 2018 l’indique, des conseillers municipaux d’opposition ont été empêchés de rentrer par la directrice de cabinet du maire de Clamart à la pose de la première pierre de la ZAC Panorama.

Parmi eux Pierre Carrive, conseiller municipal de Clamart Citoyenne.

Il lui a écrit :

« Madame la directrice de cabinet,

Je voudrais poursuivre le rapide échange que nous avons eu hier, car vous ne m’avez pas convaincu.

A propos de la présence de la police municipale, vous me dites qu’elle n’était là que pour assurer l’ordre, qu’elle n’était pas prévue encore la veille, et que la municipalité avait pris la décision de la solliciter à cause de notre manifestation.
Nous avons prévenu la police nationale, et avons rencontré le commissaire Sébastien Malzieu.
Les choses ont été bien calées. Le collectif et la police étaient tout à fait sur la même position : pouvoir s’exprimer et informer, sans violence d’aucune sorte.
Dès lors, la présence de la police municipale ne paraissait pas forcément nécessaire. En tout cas, pas pour la seule raison de cette manifestation.

A propos de votre présence à vous, ainsi que d’autres personnes du cabinet du maire et des services de la ville, là aussi vous me dites qu’elle n’a été motivée que par notre manifestation, dans le but de filtrer les entrées.
L’invitation étant privée, et du seul fait des promoteurs, je m’étonne de ce que la municipalité ait eu accès à la liste des invité·e·s. N’est-ce pas la preuve que la municipalité est bien concernée ?
Si c’est bien le cas, alors on ne peut pas dire que l’opération n’a rien coûté à la municipalité, car cela a au moins mobilisé une partie de ses services.
Du reste, de mon point de vue, le problème ne vient pas principalement du coût financier, mais de ce qui peut apparaître comme une collusion entre les promoteurs et la mairie.

Et ce qui est très gênant ici, c’est que vous ayez refusé l’entrée aux conseillers municipaux d’opposition.
D’après vous, seuls les conseillers territoriaux étaient invités. Nous avons vu, cependant, plusieurs conseillers municipaux, non territoriaux, entrer. Mais de la majorité.

Si, réellement, les invités étaient ciblés et n’étaient choisis que par les promoteurs, comment expliquer que des habitant·e·s du quartier ait reçu une invitation ?
Celle qui est en pièce jointe, par exemple, a été reçue par l’une des membres du Collectif Panorama, qui n’avait aucune raison de recevoir cette invitation, si ce n’est qu’elle habite le quartier. L’invitation a, de toute évidence, été mise dans sa boîte aux lettres à ce titre.

Ce que nous pouvons constater, c’est que la municipalité a décidé de filtrer les entrées.
Et ce sont bien les moyens de la municipalité qui ont été mis à disposition de cette sélection d’invités considérés par elle et par les promoteurs comme indésirables.
Au lieu d’associer largement les Clamartois·es, ou au moins tou·te·s leurs représentant·e·s élu·e·s en la personne de tous les conseillers municipaux, y compris d’opposition, pour cette pose de la première pierre d’un quartier extrêmement structurant pour la ville, vous avez ainsi, symboliquement, montré que votre souci était davantage de protéger les promoteurs que les acheteurs et les citoyen·ne·s, qui ont le droit d’être complètement informés sur les dangers encourus.

Pour finir, une remarque qui ne vous concerne pas, mais vous avez été témoin de cette scène.
J’ai été extrêmement choqué de ce que nous a répondu Madame Quillery, première adjointe et présidente de la SPLA, pour justifier que les conseillers municipaux d’opposition ne pouvaient pas entrer : nous aurions « dit des mensonges ».
Au moins ne s’est-elle pas embarrassée des mêmes explications, factuelles même si elles ne m’ont pas convaincu, que les vôtres. Là, nous sommes purement et simplement dans le délit d’opinion.
Elle peut avoir un désaccord sur les réels dangers qui pèsent sur cette ZAC. Mais tout, dans notre tract, est rigoureusement exact. Il n’y a aucun « mensonge ».

Nous comprenons que notre manifestation, et plus généralement nos actions sur ce dossier, gênent beaucoup la municipalité.
C’est un devoir que d’informer la population, actuelle et future, et par elle les générations à venir.
Et comme la municipalité ne le fait pas, nous le faisons.

Cordialement,

Pierre Carrive »

Nous ne manquerons bien sûr pas de publier sa réponse.

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