La boussole de certains professionnels de la politique : leur carrière

Souvenez-vous : c’était le 6 juin 2019. Jean-Didier Berger, à la suite de Valérie Pécresse la veille, décidait de quitter le parti qui lui avait permis d’être élu à la mairie de Clamart, Les Républicains, pour la suivre dans son nouveau parti, Soyons Libres (ou « Libres ! »).

Il s’en est expliqué dans une vidéo diffusée sur Twitter, où il parle d’une « maison qui s’est abîmée, qui s’est recroquevillée sur elle-même, et qui […] ne met plus en avant […] les valeurs de la droite, les valeurs du mérite, de la responsabilité, de la justice sociale ». Il dénonce que, « plutôt que de se pencher sur les idées », la droite ait « décidé, à travers ce parti, finalement, d’être sur une ligne identitaire ». Puis il donne des chiffres (« 20 % aux présidentielles, 15 % aux législatives et 8 % aux européennes), et conclut : « il était temps d’arrêter l’hémorragie ».

Nous comprenions alors qu’il entendait dénoncer cette chasse aux électeurs d’extrême-droite des Républicains. Pour nous, qui sommes profondément attachés à la démocratie, et donc à l’existence de forces politiques diverses mais tenant un discours clair, cette décision pouvait apparaître comme courageuse. Mais la raison invoquée (la chute électorale) pouvait inquiéter.

Et en effet, la suite nous a prouvé que loin d’en combattre les idées, Valérie Pécresse a épousé le vocabulaire de l’extrême-droite, présentant, lors de sa campagne pour les élections régionales, tout comme le fait régulièrement l’extrême-droite, la gauche comme « l’ennemi à abattre ». Il y a ainsi eu un tract dans lequel tout était destiné à faire peur, à coups de raccourcis simplistes, voire mensongers, aux électeurs qui auraient pu être tentés par la liste de « gauche extrême qui a perdu sa boussole républicaine ». Ce tract a été distribué en juin dernier, le dernier jour de la campagne, par l’équipe de Jean-Didier Berger.

Finalement, Valérie Pécresse a été réélue présidente de la Région Île-de-France, et a récompensé son fidèle soutien avec un poste de Premier Vice-président.

Mais l’ambition de Valérie Pécresse, c’est la présidence de la République. Pour cela, elle devait être la candidate officielle de la droite, et donc en passer par les primaires des Républicains… en réadhérant au parti. Ce parti avait donc tellement évolué en deux ans ? Ce n’est pas vraiment l’impression qu’il nous donnait…

Du reste, le candidat qui a eu le plus de voix lors du premier tour de cette primaire a été Éric Ciotti, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas hostile aux rapprochements avec l’extrême-droite. Et même si, au deuxième tour, il a largement perdu, 39% des adhérents des « Républicains »  ont estimé que c’était lui qui représenterait le mieux leur parti. Et, en participant à cette primaire, Valérie Pécresse s’était engagée à soutenir le vainqueur. Aurait-elle respecté cet engagement en cas de victoire d’Éric Ciotti ? Si oui, elle aurait ainsi reconnu sa porosité avec les idées de l’extrême-droite. Si non, elle aurait ainsi reconnu son opportunisme.

Voilà donc Valérie Pécresse qui reprend sa carte aux Républicains. Oubliées les raisons de les avoir quittés. Quant à Jean-Didier Berger, il n’a pas hésité à utiliser les moyens de la mairie qu’il dirige pour consacrer toute la tribune de la majorité dans le journal municipal de novembre à inciter les Clamartois à prendre leur carte des Républicains, afin de voter à leur primaire, et bien entendu choisir Valérie Pécresse.

 

Le texte complet de la déclaration de Jean-Didier Berger sur Twitter :

« Mes chers amis,

Valérie Pécresse a décidé de quitter, en femme libre, Les Républicains. He bien moi, je fais la même chose : j’ai décidé de quitter Les Républicains, parce que je considère comme elle que nous ne pouvons plus reconstruire notre famille politique à l’intérieur de cette maison qui s’est abîmée, qui s’est recroquevillée sur elle-même, et qui finalement, n’incarne plus… ne met plus en avant les valeurs pour lesquelles je me suis engagé, il y a plus de 20 ans, alors que j’étais tout jeune : les valeurs de la droite, les valeurs du mérite, de la responsabilité, de la justice sociale, toutes ces valeurs qui font qu’on se dit que, oui, notre pays peut demain avoir besoin des solutions de droite.

Et plutôt que de se pencher sur les idées, notre famille politique avait décidé, à travers ce parti, finalement, d’être sur une ligne identitaire.

Nous avons fait 20 % aux présidentielles, 15 % aux législatives et 8 % aux européennes. Je crois qu’il était temps d’arrêter l’hémorragie. Et maintenant on repart ; on repart dans une nouvelle dynamique, et évidemment, j’invite toutes celles et tous ceux qui pensent comme moi à venir rejoindre le mouvement de Valérie Pécresse. »

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3 réponses à La boussole de certains professionnels de la politique : leur carrière

  1. walter dit :

    Bonjour
    Il me semble que vous aviez dénoncé ce fait au préfet où je me trompe..si c’est le cas avez-vous eu une réponse à ce gros problème qui est une infraction..? Pour Pécresse elle navigue entre deux eaux l’extrême droite tout en étant Macron compatible.. bonne journée

    • CCadminWP dit :

      Non, vous ne vous trompez pas ! Nous n’avons pas encore eu de réponse de la préfecture, mais nous ne nous en tiendrons bien entendu pas là.
      Quant au positionnement politique de Valérie Pécresse, il lui a en effet fallu être très habile pour gagner cette primaire. Mais il va lui falloir être plus claire maintenant.

  2.  » Nous avons fait 20 % aux présidentielles, 15 % aux législatives et 8 % aux européennes « . Il aurait aussi pu dire que lui même n’a pas réussi à faire plus de 49,9 % aux municipales, et avec 58 % d’abstentions – ce qui revient à dire que seulement 20 % des clamartois ont voté pour lui.

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