Au nom des femmes empêchées de faire de la politique…

Comment peut-on encore accepter que les femmes soient plus gênées par l’organisation actuelle de la vie politique que les hommes ?

Depuis le début de la mandature, il y a eu deux démissions d’élues de Clamart Citoyenne. Si la première était motivée par des raisons professionnelles, la seconde résulte clairement du mode d’organisation des activités municipales imposé par M. Berger, peu propice à l’investissement dans le mandat d’élu.e.s d’individus qui ne sont pas des professionnels de la politique, ce que nous avons souligné à maintes reprises (pour s’en tenir à cette deuxième démission: tribune de novembre 2017 dans Clamart-Infos, courrier au préfet).

Dans un cas comme dans l’autre, on pourrait penser que dans des situations analogues, des hommes auraient démissionné aussi. Ce n’est pas si sûr… On sait en effet que l’engagement politique a un coût bien plus élevé pour les femmes que les hommes, pour plusieurs raisons.

Elles assument encore la majorité du travail domestique et d’éducation des enfants, ce qui les oblige à être présente à leur domicile en fin de journée et en soirée, qui sont justement les temps sur lesquels s’organisent les activités politiques : commissions thématiques, conseils municipaux, conseils de quartier, ou encore de nombreuses activités de représentation ou de sociabilité politique informelle qui concourent à l’entretien des réseaux de soutien et à la notoriété des élu.e.s.

Ce sont elles qui rencontrent également les plus grandes difficultés à concilier vie politique et vie professionnelle, victimes qu’elles sont déjà des inégalités de salaire, de statut et d’emploi. Elles hésitent ainsi la plupart du temps à utiliser la possibilité de décharge horaire pour mandat, de peur de voir leur carrière ralentie ou de subir quelques sanctions déguisées.

Malheureusement, Clamart Citoyenne, seule liste à avoir présenté une femme en tête de liste en 2014 et soucieuse de respecter la parité, ne fait pas exception. Deux hommes siègent désormais en son nom au conseil municipal de Clamart. Deux hommes qui auraient eux aussi bien des raisons de ne plus, ou de ne pas, pouvoir siéger au conseil municipal mais qui, peuvent, en grande partie parce que ce sont des hommes, concilier plus facilement leurs diverses activités.

Les faits sont ainsi têtus : même les groupes les plus progressistes, paritaires et engagés en faveur de l’égalité femme/homme, perdent systématiquement une part conséquente de leur femmes élu.e.s. Si nous n’avons pas pu échapper à la règle, nous ne nous satisfaisons pas de cette situation et continuerons à plaider pour une organisation des activités municipales propice à l’engagement des femmes en politique.

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Une réponse à Au nom des femmes empêchées de faire de la politique…

  1. Marcel dit :

    Marie Christine Vendrell a très bien fait d’écrire au préfet pour dénoncer l’attitude du maire de Clamart. Ne pas permettre aux membres du conseil municipal de faire leur travail correctement c’est inadmissible. Ce que veut le maire c’est être maître chez lui
    et celles et ceux qui le gênent il ne les laisse ni agir ni parler. Je le constate moi-même aux réunions de quartier quand je refuse avec d’autres le projet de démolition aux 3F.
    Marcel

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