Evacuation du bidonville de Chatenay : le préfet des Hauts de Seine met des familles à la rue, la veille de la trêve hivernale

Communiqué de Presse

Le 29 octobre 2014 au matin, le Préfet des Hauts de Seine a fait procéder à l’évacuation du bidonville dit du « petit Clamart » à Chatenay-Malabry, où une vingtaine de familles, désignées comme « roms », habitaient depuis environ 5 ans.
Ce terrain avait été choisi comme territoire d’intervention d’ADOMA dans sa mission nationale de résorption des bidonvilles, dans le cadre de la circulaire du 26 août 2012.
La première étape de ce travail était en cours auprès des habitants, consistant à évaluer l’accès à la scolarisation des enfants, le niveau de français des adultes, mais également les compétences professionnelles, les ressources, les inscriptions à Pôle-Emploi, la santé… Ce diagnostic social global était le préalable à une action d’insertion et d’accès aux droits fondamentaux, inscrite dans la durée.

Alors même que les équipes d’Adoma étaient sur place pour réaliser la mission confiée par le Ministère du Logement et que le Conseil général de l’Essonne, propriétaire du terrain, ne demandait pas l’évacuation, le Préfet des Hauts de Seine a initié une procédure d’expulsion, entérinée par la décision du TGI de Nanterre du 14 octobre dernier.
Cependant la Présidente du TGI, dans sa décision, ajoutait: « la demande de délai ne saurait prospérer dès lors qu’il est suffisamment établi que l’occupation illicite cessera progressivement et ne sera menée que conformément à la circulaire interministérielle sus visée » (vu l’engagement explicite de la Préfecture des Hauts de Seine auprès du Tribunal lors de l’audience, d’opérer cette résorption dans ce cadre).

L’évacuation des familles a pourtant eu lieu le 29 octobre, bien avant la fin de la mission initiée par Adoma, dans la précipitation, la veille de la trêve hivernale.

Aujourd’hui, si 13 adultes et 12 enfants ont étés pris en charge par Adoma, les autres, 27 adultes et 13 enfants, dont certains scolarisés, vont se retrouver à la rue après quelques nuits d’hôtel.
Elles devront reprendre pratiquement toutes leurs démarches d’insertion et d’accès aux droits, après avoir trouvé un nouveau lieu de vie, encore plus précaire.

La stabilité relative de leur lieu de vie ces 5 dernières années avait autorisé un début d’intégration scolaire, sociale, voire professionnelle, grâce en particulier au travail des associations. Tout cela est détruit par l’évacuation précipitée et la dispersion des familles.

Une autre politique est pourtant possible, comme nous l’avions demandé au Préfet : donner le temps à Adoma pour mener à bien sa mission, mettre en place, dans le respect de la circulaire d’août 2012, un Comité de suivi avec la participation des collectivités et des associations locales, dans l’objectif d’accompagner ensemble tous les habitants et de faire, alors, disparaitre le bidonville.
Nous savons que c’était possible et conforme au droit, aux engagements du gouvernement et à la plus élémentaire humanité.

Contact presse :
Stefano Rega, juriste à l’ASAV, 0630432667, rega.asav92@orange.fr
Denise Benabenq, LDH, 0680205236

Communiqué de Presse

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